Congé maternité

Bonjour à tous,

Le Mali offre aux travailleuses qui ont accouchés un congé maternité durant 14 semaines, avec un salaire à 100%. Ce système est en place depuis 1992.

C’est ce que j’ai appris par Yacouba : il fait son stage de professeur d’allemand dans un lycée et sa tutrice va bientôt partir en congé maternité. Ce congé l’amène à faire des remplacements dans  les lycées privés ou sa collègue travaille pour améliorer ses revenus.

Meilleures salutations.

Jean.

PS : plus d’infos ci-dessous

http://genre.francophonie.org/spip.php?article395
http://www.ilo.org/global/About_the_ILO/Media_and_public_information/Press_releases/lang–fr/WCMS_071342/index.htm
http://www.cleiss.fr/particuliers/je_pars_grossesse_maternite_mali.html

photo : http://www.africa-queen.com/fr/telechargements/phototheque/?tx_gooffotoboek_pi1%5Bfid%5D=19&cHash=2c581a9b5d

Djéyaton

Bonjour,

ça fait quelques temps déjà, des femmes du quartier sont venues me chercher à la maison, elles démarraient leur association, afin c’est pas tout à fait juste, l’association existait depuis un moment, elle se mettait gentiment sur pied par des réunions régulières où chacune cotisait pour la grande action. Et c’est à ce moment là qu’elles sont venues me chercher.

Ces femmes voulaient s’unir, la maire Mme Katilé Adjératursène leur a proposé de faire une action concrète et voilà comment est venue cette idée d’assainissement du marché.

Elles ont magnifiquement pris les choses en main. Ensemble on a tout d’abord balayé tout le marché (heureusement il n’est pas très grand). Tout ces balais ont donné une de ces poussière, c’était impressionnant.

Le lendemain, la mairie à fait venir une remorque pour débarrasser le tas d’ordure du fond du marché.

Malheureusement ici c’est assez courant que des déchetteries “sauvages” débute dans un coin pas trop habité, ça avait été le cas pour le fond du marché et en peu de temps, un tas d’ordure s’était amoncelé.

Ici pour les déchets, il faut faire appelle au GIE ( groupement d’intérêt économique )  service privé qu’on paye suivant la maison entre 1000.- et 2000.- CFA le mois pour qu’ils viennent vider nos ordures, la poubelle nous a coûté 4000.-

Merci à Doumbia, la griot du quartier d’être venue me chercher.

Oups j’allais oublier, tout a fini par une grande fête, de la musique jusqu’au bout de la nuit, même la télévision est passée !

Salutations.

Yasmine

Jeka Baara

Bonjour,

En ce moment pour mon travail, je visite des associations de femmes à Bamako membres de la Marche Mondiale des Femmes. J’aimerais vous en présenter une :

C’est Jeka Baara, elles font de la transformation de céréales, de fruits et légumes ainsi que du karité, provenant tous du Mali.

C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai été guidée dans leurs ateliers de production (cf photos). On m’a amené en moto,  c’est dans un coin assez reculé de la ville, sous une montagne. J’ai tout de suite beaucoup aimé le paysage, ses couleurs, cette roche calcaire qui a l’air friable, en fait c’est une roche qui me rappelle la Jordanie.

Jeka-Baara est une association de femmes. Elle a un bureau constitué de sa présidente, sa secrétaire administrative, son comptable et une réceptionniste. C’est aussi un groupe de 53 femmes qui travaillent à la transformations des matières premières. Les bénéfices des ventes sont répartis comme suit : un tiers pour la scolarisation, un tiers pour le fond de roulement, un tiers pour les équipements et l’amortissement. Les femmes sont rémunérées 1000 CFA par jour de travail. Elles se réunissent une fois par semaine et on mis au point une caisse pour faire un fond social et une petite banque pour micro-crédit.

Au Mali, on trouve les produits de Jeka Baara dans les alimentations et cybercafés. Les productrices/transformatrices se déplacent aussi souvent sur les foires et salons nationaux, régionaux et internationaux pour faire la promotion de leurs produits et en assurer la vente. Elles sont d’ailleurs parties dernièrement au Sénégale pour la FIARA 2010 (Foire Internationale de l’agriculture et des ressources animales)

Ci-dessous quelques photos :

Pour finir, j’ai goûté et c’est excellent, les aliments sont parfaitement conditionnés, je compte en ramener quelques exemplaires lors d’une visite en Suisse pour que vous puissiez vous aussi découvrir tout ça (pour ceux que je connais et qui sont en Suisse ).

Mes salutations.

Yasmine

Veuves et veufs

cette image est une partie d’un tableau exposé à Genève ; “la veuve joyeuse

Que ce passe-t-il lorsque qu’une femme perd son mari ou qu’un homme perd sa femme…

Je vais commencer par un petit exemple qui a motivé mes recherches à ce sujet :

Je connais une femme veuve depuis deux ans, qui risque de perdre sa maison, ce qui veut dire son logement ainsi que le revenu que lui procure ses appartements qu’elle loue.

3ème femmes, son mari l’avait mise dans cette maison, où ils ont vécu ensemble jusqu’à sa mort.

Depuis, c’est elle qui gère la maison en se considérant comme propriétaire.

Un jour,  la fille d’une des autres femmes de son mari est venue lui annoncer qu’elle allait prendre la maison car elle en avait hérité.

Ce sera seulement dans quelques jours que nous serons à qui appartient réellement cette maison.

Il semblerait que ceci est assez courant.

Si la femme n’a pas eu d’enfants avec son mari, elle n’a pas le droit à l’héritage. Pour assurer sa sécurité, elle aurait pu se remarier avec le frère du défunt, ce qu’elle avait refusé à l’époque.

Ici c’était chose courante de remarier le frère du défunt ou la sœur de la défunte, surtout chez les Soninkés ou les Songhais.

On appelle cela le Lévirat, il est de  moins en moins courant et actuellement, la femme et l’homme ont normalement le choix (si vous lisez l’article ci-dessous, vous verrez que c’est plus compliqué que ça), ici le choix peut-être tout relatif, la pression sociale pesant lourd dans la balance…

Il y a différentes raisons à cela :

D’un point de vue social, pour que les enfants soient toujours dans la famille, la nouvelle femme aimera les enfants de sa soeur comme si c’était les siens, de même pour le frère. C’est un moyen de garder la famille unie.

Mais les raisons peuvent être toutes autres, tel que récupérer à son compte l’argent de son frère…

En faisant des recherches sur le sujet, je suis tombée sur cette article, ça vaut la peine de le lire jusqu’au bout, à la fin il y a un exemple.

http://www.afribone.com/spip.php?article5572

Je pense qu’au fil du temps, je serai à nouveau confrontée à se sujet, alors la suite au prochain épisode.

Salutations.

Yasmine

Portait de femme : Anita Haugstad Haugsjaa

Bonjour Anita, est-ce que tu peux te présenter ?

J’ai  41 ans, suis norvégienne, spécialiste en urgence et prévention.

Je suis venue au Mali en 2001, avec mon mari et mon fils Mathias.

Je suis heureuse de ses 9 ans ici, on a vraiment trouvé notre rôle, la vie a pris une valeur que nous n’oublierons pas, on fera tout pour ramener cette expérience en Norvège.

Peux-tu nous raconter ce que vous avez fait ici et comment vous êtes arrivés au Mali ?

Nous avons vécu en brousse avec les malinkés, notre vie était simple ainsi que nos ressources.

Nous sommes chrétiens, mon mari a été appelé par Dieu, il a senti que sa mission était de partir dans un pays musulman.

De mon côté, j’étais très attirée par l’Afrique, nous avons choisi ensemble de faire cette expérience, notre organisation nous a proposé le Mali.

En travaillant avec la religion, nous n’aurions pas pu vivre en brousse, on ne nous aurait pas acceptés.

Les débuts ont été très durs, la différence était tellement grande. J’ai souvent demandé à Dieu comment il pouvait accepter cela.

Tu avais envi de me parler des femmes

Oui, ici, c’est surtout les femmes que je connais. La société est ainsi faite que les femmes sont avec les femmes et les hommes avec les hommes.

En brousse, je les ai rencontrées, je suis devenue très proche avec certaines d’entre-elles.

Ce qui me touche beaucoup et que j’avais envi de raconter dans le contexte de la journée de la femme, c’est leurs souffrances.

J’avais envi pour cela de développer 3 sujets.

Premièrement, l’excision a été quelque chose de très choquant pour moi. Étant  proche des femmes, elles m’ont souvent parlé de leurs souffrances quand elles avaient des rapports. J’ai aussi constaté qu’elles avaient souvent de la fièvre et mal au ventre. Beaucoup d’entre-elles ont des difficultés pour avoir des enfants et souvent meurent en couche. J’ai compris que tout ça était lié. C’était totalement nouveau pour moi.

L’excision se fait généralement vers 8 ans, c’est la belle mère qui la fait.

La deuxième souffrance dont je voulais vous parler, c’est la polygamie.

En 2001, les femmes que j’ai rencontré, étaient monogames, la paix régnait dans leur foyer. C’est à la venue de la deuxième femme que les problèmes ont commencé ;

plus d’enfants, moins d’argent, ils n’avaient plus les moyens de prendre soin de toute la famille. Beaucoup de jalousie, les hommes favorisent toujours la plus jeune. Comme les gens vivent dans de petites cases rondes, chaque femme sait toujours où se trouve son mari, et avec qui.

C’est la première femme qui fait les travaux les plus durs, car l’homme veut que la plus jeune reste près de lui. Cette situation est très dure pour la première. Quand elles sont trois, elles sont plus fortes pour faire face, souvent la première et la deuxième se soutiennent contre la troisième.

Une autre souffrance que j’avais envi d’échanger avec vous est du point de vue spirituel.

Avant de partir, j’ai beaucoup réfléchi et je ne voulais pas venir pour imposer ma religion, je suis venue dans le respect de l’islam.

Ici les gens cherchent une aide dans le spirituel.

L’animisme et l’islam tiennent une place très importante dans la vie des gens.

Mais les gens et surtout les femmes ont tout le temps peur, peur des sorcières, peur des esprits, peur des mauvais sorts. J’ai été très surprise de découvrir tout ça. Moi en tant que chrétienne, même si la vie est dure, je ne vie pas dans cette crainte.

C’est beaucoup plus fort que de la superstition, elles ne sont jamais en paix, l’animisme qui est très présent, elles y trouvent une raison au fatalisme.

Chez nous on dirait qu’une femme est morte parce qu’elle n’a pas eu accès au soin, eux vont dire que c’est un mauvais sort.

Par exemple, une femme ne peut pas accoucher si sa belle mère est présente et qu’elle s’appuie sur ses orteils.

Je me suis rendue compte que les femmes avaient aussi peur de moi, en faite elle pensait que j’étais sorcière. C’est ce qui m’a poussé à partager ma foie. Ce partage a été très intéressant pour nous toutes. Je ne peux pas dire qu’elles m’aient toujours comprises, mais c’était très important pour notre relation qu’elles connaissent ma croyance en Dieu.

J’aurais pu parler de beaucoup d’autres choses, aujourd’hui, c’est de celles-ci, elles m’ont beaucoup touchée et j’avais envi de les transmettre.

Les femmes malinkés m’ont beaucoup appris concernant leur gentillesse, toutes les femmes venaient me voir, s’inquiétaient pour moi si j’étais malade, ici les gens ne sont pas individualistes ni égoïstes, nous sommes ensemble tout le monde est important pour tout le monde.

C’est quelque chose que je veux ramener en Norvège.

Pas seulement voir pour moi-même, mais voir les autres aussi.

Anita merci pour ton témoignage, je suis très heureuse de t’avoir rencontrée, dommage que vous rentriez au mois de mai.

Yasmine

Liens en rapport avec le témoignage d’Anita :

sur l’animisme :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Animisme

sur l’excision :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Excision

http://www.gfmer.ch/Membres_GFMER/pdf/Excision_Mali_Assa_Konte_2007.pdf

http://www.droitsenfant.com/excision.htm

sur la polygamie :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Polygamie

http://www.afriquejet.com/afrique-de-l%27ouest/mali/societe:-la-polygamie,-un-autre-handicap-qui-bat-de-l%E2%80%99aile-2009011619711.html