Ci-dessous un article extrait de notre newsletter.
C’est avec un pincement au cœur que nous vous annonçons notre retour en Suisse.
Nous sommes tristes de quitter les Maliens et le Mali que nous aimons beaucoup, et tristes de ne pouvoir
remplir notre contrat envers nos partenaires et envers e-changer. En huit mois, nous avons tout de même
pu nous faire une bonne idée des réalités maliennes. Toutes les personnes que nous avons côtoyées, les
moments de partage que nous avons vécus et les discussions quotidiennes à la maison nous
manqueront beaucoup.
Il y a pour nous deux raisons qui nous ont conduites à prendre une telle décision: premièrement, le
danger sanitaire. Ici, les risques pour notre santé sont plus grands, mais il a fallu que nous tombions
malades pour nous en rendre réellement compte. Certes, ici tout le monde est confronté à ces risques-là,
et nous nous y étions pourtant préparés. En plus, contrairement à la plupart des Maliens, les frais
médicaux nous sont remboursés, et nous avons accès à une qualité de soins que beaucoup ne peuvent
pas avoir. Où donc chercher la véritable raison de notre départ ?
C’est notre isolement qui nous a fait peur: s’il nous arrivait quelque chose ici, il n’y aurait personne pour
prendre en charge nos enfants. Jean s’est retrouvé seul à devoir s’occuper de toute la famille malade, et
je l’ai rarement vu paniquer comme ça… Ce qu’il nous manque, en fait, c’est une famille. Nous avons
bien un ami sur lequel nous pouvons compter, mais nous ne pouvons pas lui donner cette responsabilité.
La deuxième raison est en partie expliquée dans l’article ci-dessous consacrée à l’intégration des enfants.
En venant ici, nous étions sûrs que cette aventure serait un plus pour nos enfants Nous pensons
d’ailleurs qu’ils sont plus libres au Mali. Ils ont connu des choses qu’ils n’auraient jamais connues en
Suisse. Ils ont par exemple une poule qui leur a fait 8 poussins en tout (il n’en reste plus que 3, les autres
ont été mangés par un chat). De plus, nous apprécions beaucoup de les voir avec notre ami Yacouba, qui
les emmène en moto avec lui. Même s’ils ont peu d’amis de leur âge, ils se sont liés d’amitié avec
beaucoup d’adultes, et ici, tout le monde les adore. On peut finalement dire que cette aventure les a
rendu plus débrouillards. Il faut dire aussi qu’ils sont assez isolés en ce moment. Il n’y a plus, comme au
début, tout le temps des enfants à la maison.
Mais l’environnement scolaire ne plait à aucun de nous. En Suisse, nous avons une telle qualité
d’enseignement que nous trouvons vraiment dommage de leur en priver et de leur imposer ce système.
Les premières années sont tellement importantes que ça nous fait mal au cœur de les entendre se
plaindre lorsqu’ils vont à l’école. Notre expérience avec les ateliers-natures et mes lectures de Maria
Montessori, nous ont convaincus que ces premières années d’éducation sont capitales pour nos enfants,
et nous sommes triste de les voir si tôt dégoûtés par l’école.
Yasmine et Jean
Meilleures salutations.
Jean.